Accueil Date de création : 30/11/07 Dernière mise à jour : 26/05/09 10:08 / 32 articles publiés
 

Gérardmer 2009  posté le jeudi 05 février 2009 22:06

Retour à la grisaille parisienne après un petit séjour dans les Vosges à l'occasion du 16ème festival du film fantastique de Gérardmer. Constat plutôt mitigé cette année, étant donné que les gros efforts effectués l'an dernier pour le quinzième anniversaire ont eu des répercussions désastreuses sur cette édition. Un festival fauché donc, que ce soit dans son organisation (paye tes projectionnistes amateurs), dans son jury (Pierre Mondy et Véronique Jeannot, des acteurs qui ont beaucoup donné au genre) et sa programmation. Heureusement, l'ambiance festive était toujours là, ce qui permit de faire passer plus facilement la pilule. Sans oublier l'inénarrable festival-off au chalet et son lot de nanars arrosés à la bière, qui lui ne souffre jamais d'une baisse de régime. Entre grosse déception, surprise et ronflement, voici un compte-rendu succinct des films visionnés:

 

Film d'ouverture: "The Burrowers" de J.T. Petty 

Résumé: 1879. Un groupe de fermiers colons du Dakota se lance à la recherche d'une famille disparue sans explication. Persuadés qu'il s'agit de représailles venant des indigènes locaux, ils se rendent vite compte que la menace est toute autre...

Avis: Quoi de mieux pour donner le ton qu'un dtv tout pourri réalisé par le scénariste de la saga "Splinter Cell" en film d'ouverture? On pensait assister à la rencontre de "La prisonnière du désert" avec "Tremors", au lieu de ça on contemple pendant plus d'une heure trente la jolie moustache de Doug Hutchison (qui cabotine encore plus que dans "La ligne verte"), on frémit devant l'action intense d'un concours de lancer de cailloux sur un arbre, on pleure pour la situation financière de Clancy Brown qui l'oblige à jouer dans cette croûte, et l'on se pose toutes sortes de questions existentialistes en découvrant les fameuses créatures au look hémorroïdaire. Néanmoins, le film restera dans nos mémoires pour sa séquence hallucinante où des indiens se mettent à parler en français aux héros, et à crier inlassablement en arrière-plan "Lé peutit poissoin pouw lé pieuge!" tandis que les autres se font attaquer. Monty Pythons approved! Sans oublier une des conclusions les plus pourries de l'Histoire du cinéma.

 

"Deadgirl" de Gadi Harel & Marcel Sarmiento

Résumé: Deux lycéens Rickie et JT décident de sécher les cours et se retrouvent dans un hôpital voisin désaffecté. Ils font sur place une macabre découverte : le corps dénudé d’une jeune femme enchaînée à une table et recouverte de plastique.

Avis: Le mystère qui planait quant à la suite du pitch disparaît au bout d'une dizaine de minutes, nous avons bel et bien affaire à un film sur la nécrophilie...ou presque, puisque la demoiselle n'est pas tout à fait morte (zombiephilie?). Avec un sujet aussi délicat, difficile de ne pas tomber dans les travers de la complaisance ou faire du trash pour le trash, heureusement les deux jeunes réalisateurs ont su éviter ces erreurs en proposant différents points de vue, ainsi qu'un côté décalé permettant un certain recul. On regrette toutefois une photo beaucoup trop sombre gênant la compréhension de certaines séquences ainsi qu'un final au message douteux. A la limite du vite vu, vite oublié, mais ça reste sympa.

"Grace" de Paul Solet

Résumé: Madeline Matheson, une femme enceinte de huit mois est déterminée à accoucher naturellement. Après un grave accident, elle décide de mener sa grossesse à terme, malgré la mort de l’enfant. Après l’accouchement, le bébé revient miraculeusement à la vie. Malheureusement son nourrisson a une débordante soif de sang humain …

Avis: Le film-type du "ça se termine avant d'avoir commencé". Paul Solet aurait dû y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans l'adaptation en format long de son court-métrage "Grace", car voir une seule idée étirée sur une heure et demi, ça fait mal au cucul. C'est con parce que ça commençait plutôt pas mal avec en prime une Jordan Ladd toujours aussi craquante, mais une fois l'élément fantastique introduit, plus rien à l'horizon. A vrai dire, on sent que le réalisateur n'en a rien à foutre de tout ça, ce qui l'intéresse c'est montrer la puissance de l'instinct maternel et les sacrifices qui vont avec. Certes, pourquoi pas, mais tant qu'à faire autant le faire avec des rebondissements plutôt que de suivre un fil rouge que tout le monde a pu griller à des kilomètres. Je pige pas comment ça a pu recevoir le prix du jury, ce bouzin...

"Hansel et Gretel" de Phil-sung Yim

Résumé: Perdu sur une route de campagne, Eun-soo rencontre une mystérieuse jeune fille qui l’entraîne dans sa maison digne d’un conte de fée, en plein milieu de la forêt. Eun-soo devient très vite le prisonnier de la fillette et de sa famille qui ne vieillit jamais. Il découvre rapidement que tous les adultes qui sont passés dans la maison ont mystérieusement disparu…

Avis: Mon coup de coeur du festival. Après l'insupportable "Epitaph" l'année dernière, ça fait plaisir de voir qu'on nous refile pas que les fonds de panier du cinéma asiat'. Librement inspiré du conte éponyme des frères Grimm, le film nous offre un univers atmosphérique d'une richesse visuelle incroyable (vivement le blu-ray) à la fois coloré, chaleureux, naïf et protecteur à l'image du monde idéalisé de l'enfance, mais aussi étrangement inquiétant, à la limite du giallo par moments, avec ces détails sur des éléments du décor qui sont sensés être jolis et mignons mais qui possèdent un caractère grotesque, voire agressif. La musique n'est pas en reste, douce comme une comptine mais dérangeante comme celles de "Suspiria", "Profondo Rosso" ou "Rosemary's baby". Le réalisateur brasse une multitude de références, que ce soit aux contes (Le petit chaperon rouge, Peter Pan, etc...) ou à des œuvres plus récentes comme "Scanners" ou "Akira". Un fourre-tout qui passe comme une lettre à la poste, tout comme le rythme qui, bien qu'étant purement dans le style asiatique, offre les rebondissements nécessaires pour nous tenir en haleine pendant deux heures. Niveau casting, c'est du tout bon, avec une mention spéciale pour la gamine de cinq ans qui arrive à passer du kawaï à des expressions vachement adultes. Bref, si Park Chan Wook faisait un film pour enfants, ça ressemblerait à ça. Une belle œuvre sous tous les points qui aurait méritée au moins un prix.

"Manhunt" de Patrik Syversen

Résumé: Eté 1974. Quatre amis partent pour un week end de détente dans les bois. Sur la route, ils tombent dans une embuscade et perdent tous conscience. Ils se réveillent seuls en plein cœur de la forêt et entendent le son d’un cor de chasse. Une chasse est en cours et ils en sont la proie…

Avis: Après les films de fantômes aux cheveux sales japonais et les productions ibériques, la mode est aux films de genre nordiques. Comme à chaque fois, la hype ne nous épargne pas le tout et le n'importe quoi; comme le prouve ce "Manhunt", survival pour les amateurs de Louis La Brocante. Une succession d'idées vues et revues, avec des personnages complètement demeurés (que ce soit du côté des proies ou celui des chasseurs), et qui demande une importante suspension d'incrédulité de la part du spectateur. Le film ne dure qu'une heure et quart et l'on en vient à se dire que c'est déjà trop. Au moins, soyez rassurés, si jamais vous vous faîtes pourchassés par des rednecks lors d'un séjour en Norvège, ces connards laissent traîner leurs armes un peu partout, et il suffit de se coucher par terre pour se camoufler. Cool...

"Morse" de Tomas Alfredson

Résumé: Un jeune garçon de douze ans, anxieux et fragile, est régulièrement martyrisé par ses camarades de classe. Son désir de trouver un ami semble se réaliser quand il rencontre Eli, une adolescente du même âge qui vient d’emménager dans l’immeuble voisin avec son père. Pâle et grave, elle ne sort que la nuit. L’arrivée de la jeune fille coïncide avec une série de disparitions et de meurtres inexplicables…

Avis: Deuxième vision pour ma part, et celle-ci fut fatale. A partir du moment où je connaissais l'histoire, le film que je considérais comme sympa et original, mais sans plus, m'est apparu comme chiant comme la mort et froid au possible. Impossible de me sentir impliqué dans cette pourtant jolie histoire d'amitié. Cependant, je ne peux pas considérer ce film comme mauvais, il est juste destiné à un type de public dont je ne fais pas parti., un public généralement hermétique au fantastique et qui voit là l'occasion de toucher du doigt le genre via un drame intimiste et contemplatif. Maintenant, il reste le problème de voir cette bête de concours gagner sans surprise le grand prix, à la place d'un film plus méritant.

"Sauna" de Antti Jussi Annila

Résumé: 1595 : la guerre Russo-finlandaise vient de se terminer. Deux frères finlandais font partie d’une commission qui a pour but de délimiter de nouvelles frontières. En chemin, ils sont responsables de la mort atroce d’une jeune russe. Un des frères, rongé par le remords, est hanté par le fantôme de la jeune fille. La commission arrive alors dans un étrange village situé dans un marais abritant un inquiétant sauna, où l’on peut laver ses péchés.

Avis: Encore un film qui vient du froid, mais celui-ci est déjà plus intéressant que les deux autres. Ça flirte avec le sempiternel film de fantômes, et pourtant ça n'en est pas un. Aucune explication ne sera donnée sur ce mystérieux sauna qui semble agir comme un purgatoire sur nos pauvres héros, les mettant face aux crimes qu'ils ont commis pendant la guerre. Bénéficiant d'une très belle photo et d'une ambiance réussie, le film risque de plaire aux plus vaillants, ou d'endormir l'auditoire, au choix. Intéréchiant, quoi.

"Splinter" de Toby Wilkins 

Résumé: Pris au piège dans une station service par un parasite qui transforme ses hôtes en d’horribles créatures épineuses, un jeune couple et un prisonnier en cavale doivent trouver un terrain d’entente pour échapper à une mort atroce…

Avis: Bonne petite série B qui se laisse suivre sans déplaisir, malgré un abus de shaky-cam pour camoufler le design bordélique de la créature. Des persos pas trop cons pour une fois pour ce type de production, quelques idées bien sympas, et voilà, emballez c'est pesé. Sans prétention, et c'est tout ce qu'on lui demande.

"The midnight meat train" de Ryuhei Kitamura

Résumé: Depuis que ses œuvres photographiques provocantes ont attiré l’attention d’une galeriste réputée, Leon Kaufman est prêt à aller encore plus loin pour faire de sa première exposition un événement. Il se lance dans une quête obsessionnelle des plus sombres aspects de l’homme, ce qui le conduit sur les traces d’un tueur en série qui traque les banlieusards prenant le métro très tard.

Avis: A l'instar de "Morse", deuxième vision pour ma part, mais avec le résultat opposé, à savoir que ça passe vachement mieux que la première fois. Quand le réal de "Versus" adapte une nouvelle de Clive Barker, ça fonctionne à merveille. Les arrangements effectués permettent de justifier la durée, l'enquête est prenante, et lorsqu'il est question d'action, Kitamura démontre qu'il n'a pas perdu de sa virtuosité ni de sa folie. A noter que les effets cheap dûs à un budget serré, comme le sang numérique, passent vachement mieux sur grand écran. Un prix du public bien mérité.

"Bad Biology" de Frank Henenlotter

Résumé: Un jeune homme et une jeune femme génétiquement modifiés cherchent le grand amour chacun de leur côté. Ils finissent par se rencontrer et c’est le coup de foudre immédiat. S’ensuivra une folle et longue nuit des plus torrides aux répercussions catastrophiques, voire monstrueuses…

Avis: Frank Henenlotter revient après seize années d'inactivité, et l'on peut dire qu'il n'a pas perdu la forme. Le réal de "Basket Case", "Frankenhooker" et "Elmer, le remue-méninge", sorte de Cronenberg fun, nous balance une love story moderne avec une femme possédant sept clitoris et un homme dont la bite est autonome et camée aux stéroïdes. Du gros délire comme on en fait plus, et sans doute la plus belle parabole féministe jamais faîte. Soit tout ce que "Teeth" n'était pas.

"Hush" de Mark Tonderai

Résumé: En plein cœur des Midlands, un jeune couple, Zakes et Beth, roule sur l’autoroute. Lorsqu’un camion blanc manque de les percuter en doublant, les portes arrière s’entrouvrent l’espace d’une seconde. Fugacement, ils aperçoivent une jeune femme ligotée à l’intérieur…

Avis: Le début fait peur dans le mauvais sens du terme avec ce couple en crise, qui s'annonce pète couille au possible, mais heureusement dès la fin du premier quart d'heure, le réalisateur reprend les choses en main et nous livre une course poursuite bien troussée, où l'on en vient à se demander qui est le traqué et qui est le traqueur. Le héros, présenté comme un loser, aligne les moments d'héroïsme et se montre bien plus malin qu'on ne le pensait, échappant ainsi aux poncifs du genre. Malgré des rebondissements un peu gros par moment, on passe un agréable moment.

"Mutants" de David Morley 

Résumé: Dans un monde où un terrible virus a contaminé la population, un couple en fuite tente de trouver une zone où se réfugier. Pris au piège par des créatures sanguinaires, Marco et Sonia vont devoir lutter pour leur survie...

Avis: On a beau se dire qu'il faut soutenir les tentatives d'imposer un cinéma de genre en France, il y a des jours où l'on en peut plus de voir des merdes et l'on a envie de crier "Arrêtez le massacre!". "Mutants" fait parti de ces films qui partent d'une bonne intention, qui transpirent d'une envie de proposer autre chose, mais qui au final sont tellement ratés qu'on ne peut pas cautionner en tant que spectateur. On dirait du "28 jours plus tard" version Z, avec des persos aussi vides que le frigo d'un étudiant, des longueurs insoutenables, des "acteurs" qui feraient passer Samuel Le Bihan pour le nouveau De Niro (Hélène de Fougerolles est la seule à y croire, c'est dire), une shaky-cam injustifiée et gerbante au possible, et des streums réussis une fois sur deux. Alors d'accord, c'est fauché, mais est-ce une raison pour péter plus haut que son cul et vouloir faire un film premier degré quand on sait qu'on en a pas les moyens? Reste plus qu'à attendre "La Horde" pour savoir s'il faut encore attendre quelque chose de l'Héxagone...

"Repo! The genetic opera" de Darren Lynn Bousman

Résumé: En 2056, le manque d’organes est un fléau qui touche toute la planète. La société GeneCo apparaît comme la seule solution : cette firme biotechnologique propose des transplantations d’organes à crédit. Ceux qui ne peuvent plus payer sont la cible des Repo Men, les récupérateurs, des chirurgiens-assassins à l’identité secrète qui reprennent les organes greffés…

Avis: Soyons clairs, c'est raté. Néanmoins, il y a quelque chose dans ce film qui m'empêche à la fois de le descendre et à la fois de le défendre. Sans doute est ce la faute à l'univers de cette comédie musicale goth et gol et le style visuel qui va avec, qui contre toute attente m'ont captivés. A part ça, les chansons sont foirées, le casting n'est pas toujours judicieux, et la mise en scène ne vole pas bien haut. Si seulement ce film pouvait être remaké par quelqu'un de plus talentueux que Bousman, ou donner l'envie à d'autres de se lancer dans la comédie musicale bis, "Repo!" serait un mal pour un bien.

"Long Week-End" de Jamie Blanks 

Résumé: Un couple en crise décide de passer un long week-end ensemble et de partir camper dans le but de se retrouver. Ils polluent la nature qui les entoure et leur comportement irrespectueux de l’environnement va entraîner la vengeance de la faune locale…

Avis: Quand le réalisateur d'"Urban Legend" et "Mortelle St Valentin" (aaaarghhh) s'essaye au remake du film de Colin Eggleston, ça nous donne un très loooooooooooonnnnnnng week-end. L'idée de montrer une Nature qui reflète les troubles d'un couple en crise et qui se venge en les poussant jusqu'au point de non-retour est intéressante, mais malheureusement ratée. Les deux thématiques ne parviennent que rarement à s'associer, et la plupart du temps tombent dans le ridicule.Le film ne décolle jamais vraiment, mis à part quand James Caviezel (qui joue très bien les connards) se fait attaquer par un aigle ou quand un dugon (une espèce de lamantin) mort sur la plage, se retrouve on ne sait comment dans leur campement. Whoaaa...Il en reste que c'est joliment filmé, avec une belle photo, que les acteurs sont bons, et que le final est empreint d'une ironie savoureuse, mais putain qu'est ce qu'on se fait chier!

"The lost" de Chris Sivertson 

Résumé: Trois adolescents font la fête dans les bois. Aux commandes du groupe, Ray est un jeune à l’allure rebelle et au caractère instable. Armé d'une carabine, il tue brutalement deux campeuses qui ont la malchance de se trouver sur son chemin. Ray établit alors un pacte avec ses amis pour qu'aucun d'eux ne révèle les atrocités commises ce soir-là.

Avis: Un des premiers films du réalisateur d'"I know who killed me", produit par Lucky McKee. Sorte de "Tueurs nés" à la sauche Lynch, c'est long, complaisant, creux, ça se la pète bien pour de la provoc à deux balles, bref c'est puant et limite gerbant. Une belle merde qui aurait mieux fait de rester inédite.

 

"Timecrimes" de Nacho Vigalondo 

Résumé: Un homme fait accidentellement un voyage dans le temps et se retrouve confronté à lui-même une heure auparavant. En cherchant à tout prix à réparer cette erreur et à revenir au présent, il va déclencher sans le vouloir une série de désastres irréparables...

Avis: Partant d'une idée somme toute assez simple et de prime-abord sans rapport avec le voyage dans le temps, Vigalondo réussit à complexifier son récit sans jamais perdre la compréhension du spectateur. Intelligemment écrit et réalisé, une œuvre originale qui prouve qu'un petit budget peut s'en sortir avec de bonnes idées. Un réalisateur à suivre.

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Tous les commentaires de l'article:
Gérardmer 2009

  • poker mailto

    ven 06 fév 2009 17:10

    j'ai vraiment le faire un jour ce festival...mais je suis pas sure d'en avoir l'occasion...