Accueil Date de création : 30/11/07 Dernière mise à jour : 17/06/08 21:06 / 28 articles publiés
 

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg  posté le mercredi 21 mai 2008 23:20

Indiana Jones and the kingdom of the crystal skull

Sortie en salles le 21 mai 2008

Durée: 2h04

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'aventure avec un grand A nous revient après 19 ans d'attente. Annoncé depuis le début des années 90, les nouvelles aventures du Dr Jones faisaient figure de grosse arlésienne, les rumeurs sur le projet étant détérrées entre chaque nouveau film de Steven Spielberg. Cette fois, les adeptes de St Thomas ne pourront le nier, Indy est enfin de retour.

Nul besoin de présenter cette saga qui a marqué au fer rouge plusieurs générations de spectateurs et qui fait indéniablement parti intégrante de la culture populaire, au même titre que Star Wars.

Un grand retour à la fois pour Spielberg derrière la caméra d'un film d'entertainment, ainsi que pour Harrison Ford dont la filmographie devenait de plus en plus moribonde.

Le projet commence à prendre forme grâce à Frank Darabont qui écrit en 2002 un scénario qui relance l'intérêt de Spielberg, mais qui sera finalement rejeté par Lucas. Ce dernier, avec l'aide de Jeff Nathanson (Catch me if you can, The Terminal, Rush Hour 2&3), retouchent l'histoire tout en conservant de nombreuses idées de Darabont. Ce sera finalement le prolifique David Koepp (Jurassic Park, Carlito's Way, Mission Impossible, Snake Eyes, Spider-Man, War of the worlds, entre autre) qui se voit chargé de la mouture définitive du script.

Si la nostalgie pourrait nous forcer à ne point douter de la qualité intrinsèque du film, il serait bon de ne pas oublier qu'après deux chefs d'œuvre , la saga s'était éteinte sur un épisode nettement plus discutable, qui non content d'offrir de sacrées scènes d'action, ouvrait la voie aux plus gros défauts des blockbusters des décennies futures, à savoir un humour lourdingue et omniprésent annihilant toute tension et la nécessité de tout expliquer quant au background de personnages sensés être pulp.

Alors, Indy 4, chant du cygne ou comeback foireux d'une ancienne star de la pop?

 

 

Changement d'époque oblige, que ce soit pour la production du film ou pour Indiana qui se retrouve au beau milieu des années 50, le film se doit d'être détacher du reste de la saga, tant il est déstabilisant. A commencer par la séquence d'introduction, qui nous place littéralement d'entrée de jeu dans un concours de vitesse entre une Amérique jeune et insouciante et des forces armées austères et sur le qui-vive. Surprenant par rapport au dépaysement attendu, mais le contexte est posé de manière diablement efficace.

Puis vient le moment de franchir les barrières, de jouer franc-jeu et de ressortir notre héros du placard. Nouvelle menace, nouvelles croyances, de l'eau à couler sous les ponts, et bien que l'homme au fouet tienne toujours la forme, lui-même a changé. Ayant prêté ses talents d'aventurier à la cause des services secrets américains, le voilà pris entre deux feux. Pourchassé par les soviets, rejeté par sa propre patrie en proie à la paranoïa, Indy se retrouve encore une fois seul contre le reste du monde.

Alors qu'il tente de fuir ce danger trop imposant, il se trouve un allié inattendu en la personne de Mutt Williams, une petite frappe n'ayant pas froid aux yeux, qui lui demande de retrouver un ami commun, parti sur les traces de la cité d'Eldorado.

Commence alors une aventure qui, à l'image de la guerre froide qui sert de contexte au film, se révèle être bi-polaire, proposant aussi bien le meilleur que le pire.

Ainsi, la première partie du métrage se trouve être la plus proche de l'esprit de la saga Indiana Jones. Harrison Ford nous prouve qu'il n'a rien perdu de sa superbe quand il est question d'endosser la tenue de son personnage fétiche, et ce même dans les scènes d'action pourtant si redoutées. Celles-ci sont d'ailleurs très réussies, hormis quelques détails douteux peu gênants, et renoue avec un certain côté old school.

Les seconds couteaux sont sans grande surprise, mais attisent tout de même la curiosité. Shia LaBeouf est convaincant et interprète son rôle avec une retenue bien appréciable, Cate Blanchett est charismatique et Ray Winstone est une sympathique enflure.

S'ajoute une lichée de clins d'œil rarement justifiées mais qui feront plaisir aux fans, pour achever l'adhésion du spectateur à ce nouveau spectacle. On est dans le bain...

 

 

...Et quelqu'un vient y jeter le sèche-cheveux. La deuxième moitié du film crée la rupture et quitte les rails. Tandis que l'intrigue tombe dans la science-fiction avec la découverte du fameux crâne de cristal, McGuffin abstrait et crétin par excellence, là où ceux des précédents épisodes possédaient une attirance et un pouvoir compréhensible, l'ombre des blockbusters du XXIème siècle avale tout cru Indy et sa clique.

Les personnages esquissés dans la première heure ne le seront pas plus, ce qui a pour effet de faire de Mac (Ray Winstone) un personnage finalement très creux, et d'Irina Spalko (Cate Blanchett), une méchante qui n'existe que par son look, et dont les capacités physiques (et mentales, il semblerait) ne seront jamais exploitées.  A ce titre, les russes en général peinent à tenir la comparaison avec les nazis et les thugs, et ne paraissent être qu'une menace impersonnelle qui ne marquera pas les esprits.

Ce n'est pas les nouveaux arrivants qui changent la donne, entre une Marion (Karen Allen) qui arrive tardivement pour n'apporter rien, si ce n'est une information et son nouveau lifting, et un professeur Oxley (John Hurt) en boulet supplémentaire, on se met à regretter amèrement l'ancienne Marion, Demi-Lune et même Henry Jones Sr. Reste que la relation père-fils entre Indy et Mutt s'avère moins pesante que dans La dernière croisade, mais flirte avec l'anecdotique.

Cependant, le pire revient aux séquences d'action, où le ridicule et le mauvais goût comblent les longueurs, en plus d'être noyées sous les effets numériques. Pour le coup, ILM est capable de faire cotoyer de superbes effets (le champignon atomique, les fourmis) avec les pires dégueulasseries qu'il nous ait offert depuis bien longtemps (la jungle, les chiens de prairie, les singes, le climax). C'était bien la peine de nous servir du old school pour nous vomir cela ensuite.

La cerise sur un gâteau déjà trop chargée viendront du climax petit joueur et décalé, expédié à la va-vite et dénué d'implication que ce soit pour les héros ou le spectateur, et d'une conclusion digne d'une fan-fiction où l'émotion est aux abonnés absents.

Spielberg accouche donc ici d'une œuvre bancale, tenant à la fois du cadeau aux fans que de l'œuvre de commande faîte sans réel envie. Tout ça pour ça, clamerons nous via la voix de la déception, mais le fait de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein ne tient qu'au seuil d'exigence de chacun.


En 1981, Les aventuriers de l'Arche perdue avait donné un coup de fouet à l'entertainment de l'époque, en 2008, l'entertainment donne un coup de pied dans les couilles d'Indiana Jones. Sans aucun doute le plus mauvais film de la saga, mais les quelques instants de bravoure qu'il contient font de lui un divertissement plus qu'honorable par les temps qui courent. N'empêche que la déception règne...

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Tous les commentaires de l'article:
Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg

  • croisière péniche

    mar 28 oct 2008 10:31

    déception c'est peut être exagéré...perso j'ai bien aimé...ce n'est pas le meilleur certes mais ça reste sympatique et de toute façon: fan un jour fan toujours!