Semi-Pro
Sortie le 14 mai 2008
Durée: 1h30
Les voies de la distribution sont impénétrables, comme le montre une nouvelle fois la sortie de la dernière comédie avec Will Ferrell.
Ce dernier, extrêmement populaire aux Etats-Unis, n'a jamais connu le succès mérité de ce côté de l'Atlantique, au même titre qu'un Adam Sandler.
Pire, la grande majorité de sa filmographie n'a même pas eu la chance de faire une visite de courtoisie à nos salles obscures, excepté ses participations "sérieuses" dans Melinda & Melinda (2004) de Woody Allen ou L'incroyable destin d'Harold Crick (2006) de Marc Forster.
Des films géniaux tels que Anchorman (2004) et Talladega Nights (2006) d'Adam McKay, pourtant faisant parti des plus gros succès lors de leur année de sortie dans le pays de l'oncle Sam, se retrouvent discrètement dans nos bacs dvd.
Il y a donc de quoi être étonné et de se réjouir de voir débouler Semi-Pro dans un parc assez conséquent de salles, mais comment expliquer le fait improbable que ce soit un film à l'identité aussi américaine qui en ai l'insigne honneur?
Car, outre d'être une comédie sur le basket, sport américain par excellence, Semi-Pro se base sur des faits historiques, à savoir la fusion de l'ABA et de la NBA dans les 70's, ce qui par chez nous ne parlera qu'aux afficionados du dunk.
Fermons la parenthèse et revenons au film en lui-même, qui paradoxalement à son sujet, ne fait pas parti du haut du panier. (rires)

En 1976, Jackie Moon (Will Ferrell) est une ancienne star de la pop grâce à son tube "Love me sexy" mais également le propriétaire, coach et joueur de l'équipe semi-professionnelle de basketball, les Flint Tropics. A l'heure où la ligue de l'ABA (American Basketball Association) doit disparaître pour laisser la place aux pros de la NBA (National Basketball Association), la dernière chance pour l'équipe de Jackie Moon est de faire parti des quatre premiers de la saison pour pouvoir fusionner avec la NBA.
Mission ardue quand on est derniers et que l'équipe ne comporte qu'un seul bon joueur. Pour changer la donne, Moon échange une machine à laver contre Monix (Woody Harrelson), ancien joueur de la NBA, dont le principal exploit est de n'avoir jamais bougé du banc.
Le film sportif est sans nul doute le genre le plus codifié qui soit, et ce n'est donc pas étonnant que les parodies aillent bon train avec un tel matériau détournable.
Devant un marché commençant
à saturer, la différence qualitative ne tient plus qu'au
choix des interprêtes et aux gags les plus délirants
possibles.
Sur ce point, la première réalisation de Kent Alterman, qui s'était jusqu'alors cantonné au rôle de producteur éxécutif sur, entre autre, A history of violence (2005), Elf (2003) et After the sunset (2004), ces deux derniers films expliquant plus ou moins la présence de Will Ferrell et Woody Harrelson au casting, a du mal à convaincre entièrement.
D'un côté, nous avons Will Ferrell qui fait du Will Ferrell, donc forcément jouissivement crétin. De l'autre, le néant...
Le comique se retrouve à porter le film sur ses épaules, sans qu'aucun second rôle ne vienne l'aider à renouveller les gags. Il semblerait même que le reste de l'équipe, Woody Harrelson en tête, sort tout droit de la version sérieuse du script.
Ainsi, le film a le cul entre deux chaises et les séquences sur les prises de tête des joueurs ou la romance avariée entre Monix et son ex-femme gachent considérablement le rythme.
Notons tout de même un Will Arnett, qui en tant qu'habitué de ce genre de production, assure au niveau de la comédie, et la présence de Jackie Earle Haley, futur Rorschach dans l'adaptation de Watchmen par Zack Snyder, en hippie drogué au dernier degré.
Scénario paresseux, réalisation correcte mais banale, reste donc les frasques de notre ami Will Ferrell, qui reste le meilleur dans sa catégorie. Dès l'introduction, on retrouve son amour pour les répliques non-sensiques et les personnages kitsh. A elle seule la chanson funky "Love me sexy" vaut l'achat de la place de ciné.
On retiendra également les shows absurdes que Jackie Moon organise à chaque mi-temps, allant de la simple interprêtation de sa chanson culte, au combat à mains nues contre un ours, en passant par une chorégraphie en costumes d'hypocampes et de soleil, ou encore la séquence de poker où les personnages se mettent à jouer inconsciemment avec une arme à feu.
Bref, un Will Ferrell mineur, mais le minimum syndical en terme de rires est présent.

Semi-Pro, une semi déception, qui ne risque de plaire qu'aux plus grands fans de l'acteur principal et aux drogués du basket. Prions tout de même pour que le film trouve son public afin d'avoir la chance de découvrir le prometteur Step Brothers au cinéma, où Will Ferrell retrouvera son réalisateur fétiche Adam McKay et son collègue de Talladega Nights, l'étoile montante de la comédie, John C. Reilly.
Bonus Track: Le clip de "Love me
sexy"









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