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Doomsday de Neil Marshall  posté le dimanche 06 avril 2008 13:21

Blog de winslowleach : In the mouth of geekness, Doomsday de Neil Marshall

Doomsday

Sortie en salles le 2 avril

Durée: 1h45

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah,l'Écosse... Pays de la cornemuse, du haggis et du kilt, mais également terrain de jeu préféré du jeune réalisateur britannique Neil Marshall. Après y avoir fait descendre une troupe de soldats pour les confronter à une bande de loups-garous typés Hurlements, dans le très décrié mais pourtant fort sympathique Dog Soldiers, voilà qu'il transforme le pays de William Wallace en No Man's Land post apo dans Doomsday.

Un peu d'air frais après le terrifiant et claustrophobique The Descent, qui l'avait propulsé dans les rangs de la nouvelle vague de réalisateurs de genre à suivre de très près.

Cet élargissement du cadre d'action vient évidemment avec l'apport d'un plus gros budget et les têtes d'affiche qui vont avec. Marshall ne cède toutefois pas à la tentation des stars hollywoodiennes bankables, et s'offre des seconds couteaux que l'on pourrait même dire un peu has-been depuis quelques temps, mais qui au moins sont tous britanniques. Ainsi, la belle Rhona Mitra, qui porta fut un temps l'image de Lara Croft sur ses épaules et dont la carrière reste encore bien moribonde, obtient le premier rôle du film. Un Bob Hoskins fatigué et un Malcolm McDowell en pleine remontée de pente, viennent lui prêter main forte dans ce qui s'annonce comme un lourd défi: un hommage à des genres disparus du grand écran ou affiliés au monde du nanar.

 

Suite à une épidémie meurtrière, l'Écosse se voit coupé du monde par un mur infranchissable. La population est décimé, et les quelques survivants deviennent des barbares vivant du pillage et du viol.

Trente ans plus tard, le virus refait son apparition dans les rues de Londres. Découvrant qu'il existe encore des survivants dans le soit disant No Man's Land qu'est devenu l'Écosse, les autorités anglaises y envoie une troupe de soldats menée par le major Eden Sinclair (Rhona Mitra) afin de trouver un remède.

 

Neil Marshall décide de se la jouer Tarantino, en pillant les grands classiques du genre, sans toutefois passer par la case étalage de connaissances et autres dialogues à la cool. Non, ce qu'il nous propose est tout simplement du bon gros divertissement qui ne se prend pas la tête et qui affiche sans rougir ses influences.

Construit comme un jeu vidéo, le film enchaîne les parties/niveaux faisant chacune écho à un film et genre différent. Ainsi, tout commence par le confinement de l'Écosse en plein chaos. Une ouverture des plus chocs tant le désespoir de la population et le sort qu'on leur promet font mal à voir. On remarque tout de suite que Marshall n'a pas abandonné son amour pour les effets gores et qu'il s'en sort admirablement bien pour rendre le côté fin du monde tangible.

Après ce début très zombiesque, nous voilà parti pour la séquence New York 97. Rhona Mitra avec un bandeau sur l'œil, envoyé dans une zone confiné remplie de criminels, ça fait forcément penser à un certain Snake Plissken. S'ajoute à cela un petit tour du côté d'Aliens avec des pseudos tanks et des marines testostéronés pour une visite d'un labo, avant la découverte du bad guy comme on les aime, en la présence de Sol (Craig Conway). Mélange de Rod Stewart et de méchant de dessins animés, Sol est un perso haut en couleurs, à la fois sadique et ridicule, qui ferait passer le Joker de Nicholson pour un exemple de finesse. On lui doit l'une des meilleures séquences du film, avec son show hallucinant de n'importe quoi et de beaufitude, où il se prend pour une rock star tendance new wave, devant sa tribu de cannibales iroquois en adoration.

Même pas le temps de reprendre notre souffle, que voilà les héros dans un monde qui a régressé au moyen-âge et dirigé par Kane (Malcolm McDowell). Malgré un bon fight dans l'arène entre Rhona et un chevalier noir, cette partie est sans doute la plus faible de par son manque de rythme. Ce qui suit est nettement plus intéressant, à savoir une course poursuite à la Mad Max 2, qui compense quelques plans un peu mou du genou, par des gags désopilants.

Finalement, le mot de la fin renvoie directement au Conan de Milius, sans vouloir trop en dévoiler.

 

 

Doomsday a beau faire un best of du film post apo, il n'en reste pas moins sujet aux défauts liés à son identité propre. On peut donc citer un scénario plutôt basique et sans grande surprise, des personnages pas toujours exploités au maximum tel le personnage joué par Malcolm McDowell qui ne sert au final à pas grand chose, et surtout une héroïne qui manque cruellement de charisme.

Filmer le joli postérieur de la miss est un bon point, mais on aurait apprécié que son look et son caractère soient plus développés. A part son œil bionique, pas grand chose à se mettre sous la dent, et quitte à en faire une Madame Snake Plissken, autant y aller jusqu'au bout.

Néanmoins, ces détails sont facilement excusables face au plaisir ressenti à la vision de ce revival 80's. Neil Marshall fait passer tout son amour pour le genre via une réalisation efficace et énergique, et qui joue à la fois la carte du premier degré et de la bouffonnerie assumée.

De plus, on peut dire qu'il se fait plaisir sur les nombreux effets gores qui parsèment le film. Ça gicle, ça décapite, ça fait mal, et c'est traditionnel. Comme quoi, le réal n'a pas vendu son âme au diable, et reste fidèle à lui-même.

A l'instar de Planet Terror, Doomsday se savoure comme une grosse friandise pour fanboys, un nanar de luxe volontaire. Du fun en barre qui, malheureusement, ne pourra être apprécié que si le spectateur est amateur de films de série B.

 

En conclusion, Doomsday s'avère moins réussi que The Descent, mais conserve assez de génie pour nous clouer sur nos sièges, en échangeant les frissons par un enthousiasme communicatif.

Si vous êtes friands de divertissements honnêtes et généreux, ce film est fait pour vous. Si vous ne pouvez pas laisser votre cerveau à l'entrée ou que vous êtes réfractaires à tout ce pan du cinéma des années 80, passez votre chemin.

C'est un beau cadeau que fait Neil Marshall à tout ceux qui regrettent la disparition de John Carpenter et ses potes, et si n'est pas tout rose, on salue la prise de risque.

D'ailleurs, le réalisateur ne désire toujours pas se cantonner à un genre, puisqu'il dirigera prochainement Hugh Jackman dans Drive, où il jouera un cascadeur automobile poursuivi par des tueurs à gages.

 

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