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Black Sheep de Jonathan King  posté le jeudi 13 mars 2008 19:56

Blog de winslowleach : In the mouth of geekness, Black Sheep de Jonathan King

Black Sheep

Sortie le 19 mars 2008

Durée: 1h27

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus d'un an après avoir fait sensation au festival Fantastic'Arts de Gérardmer en 2007, l'hilarant Black Sheep arrive enfin sur les grands écrans de France et de Navarre.

Remercions à l'occasion nos amis distributeurs qui n'ont pas laissé partir la bête directement sur une galette dvd.

Partant du principe qu'en Nouvelle-Zélande, on compte 40 millions de moutons pour 4 millions d'individus, Jonathan King décide pour son premier film de faire de cet animal ô combien stupide et inoffensif, le plus terrible des prédateurs.

Une idée qui renvoie clairement à tout un pan du cinéma bis des années 80, et dont le film se veut un vibrant hommage mêlant gore et comédie absurde.

Et qui dit Nouvelle-Zélande + gore + comédie dit forcément Peter Jackson.Nul doute n'est permis quant à la parenté d'œuvres cultes comme Bad Taste (1987) et Braindead (1992) avec le délire laineux de King. D'autant plus que la société Weta Workshop crée par Jackson s'occupe des effets spéciaux  du film.

Il est fort probable que le climat trop paisible du pays essentiellement voué à l'élevage, est conditionné l'esprit de ses jeunes réalisateurs pour le politiquement incorrect. Toujours est-il que cela n'explique pas le talent dont ils font preuve pour le transposer à l'écran.

Qu'importe, le résultat est là, et c'est une chance pour les amoureux de cinéma de genre décomplexé que de se voir offrir un spectacle à la fois humble et généreux. Bêêêêêê!

 

 

Les frères Oldfield, fils d'éleveurs de moutons, ont toujours eu des rapports conflictuels. Henry, devenu ovinophobe depuis que son grand frère Angus ait tué son mouton, revient après quinze ans d'exil dans la ferme familiale afin de vendre ses parts à Angus. Ce dernier a pris les commandes de l'élevage et travaille sur des expérimentations génétiques visant un plus grand rendement de laine. Des activistes écologiques entendent parler de ces pratiques crapuleuses, et décident de libérer un des cobayes, qui se met rapidement à contaminer les autres moutons et...les humains.

 

Un pitch crétin dans le bon sens du terme, tant il promet énormément par son concept délirant, et pour une fois le contrat est dûment rempli. Tout repose sur le traitement sérieux de la chose.En quelque sorte le fond part dans tous les sens, mais la forme reste classique, créant un décalage qui renforce l'aspect comique des situations.

Ainsi les personnages répondent tous à des fonctions bien réelles au sein du scénario, mais sont dotés de caractères un brin excentrique.

Henry (Nathan Meister) en tant que personnage principal/héros est le plus fade du groupe, bien que souffrant d'un traumatisme sérieux ( il a vu son frère se balader avec le corps de son mouton favori, dégoulinant de sang et de tripailles, sur le dos) aux conséquences ridicules (la phobie des moutons).

Il se voit aider dans sa fuite du cheptel devenu carnivore, d'une écologiste nommée Experience (Danielle Mason), hippie qui bouffe à tous les rateliers mystiques, passant aussi bien de l'indouhisme qu'au feng shui, et d'un employé homme à tout faire, et qui étrangement sait vraiment tout faire, se transformant en véritable héros d'action aux punchlines bien senties au fur et à mesure du métrage.

Face à eux, des scientifiques sadiques tout droit sortis du château Frankenstein, et Angus Oldfield, grand méchant mégalomane, vénale, et...zoophile!

Mais les véritables stars du film se sont évidemment les fameux moutons mutants.

Ils ne sont vraiment pas contents nos amis à quatre pattes, et ça se voit. Entre deux arrachages de membres avec effusion d'hémoglobine exagérée, ils conduisent des camionnettes, foutent le dawa dans des réceptions mondaines, et fument une clope après l'amour.

Conscient que le film avait toutes les chances de se transformer en grosse farce bien Z si ses monstres faisaient faux, Jonathan King opte pour des effets spéciaux traditionnels. Et quelle réussite, les amis!

Les petits gars de Weta ont fait un boulot incroyable pour rendre crédible les attaques des laineux enragés. Un rafraichissant vent des meilleures productions 80's nous arrive au visage en voyant ces marionnettes et animatroniques en mouvement.

Sans compter le sang à foison qui lui non plus n'est pas en CGI, comme c'est souvent le cas à l'heure actuelle, surtout dans les productions à petit budget comme Black Sheep.

Mis à part une séquence de charge depuis une colline, rappelant celles de Mulan (1998) ou des Rohirrim dans Les Deux Tours (2002), faîte en image de synthèse, mais là encore de très bonne facture, le film joue la carte de l'artisanat.

On pense fortement au travail de Rick Baker, et plus spécialement lors de la métamorphose du mouton-garou (ceci n'est pas un spoiler, je vous rassure) faisant référence à celles du Loup-Garou de Londres (1981) et Hurlements (1981).

Bénéficiant d'un rythme effréné, les phases de flippe et les gags s'enchaînent pour notre plus grand plaisir. Réalisé sans aucune prétention, à part celle de nous faire passer un bon moment, Black Sheep mérite que l'on y jette un oeil pour constater que les divertissements honnêtes existent encore.

 


Ce nouveau produit made in New Zealand est certifié 50% Coton, 50% gore et 100% fun. Quitte à faire vos moutons de Panurge, allez tous voir Black Sheep.

Un film qui n'atteindra sûrement pas le statut culte de ses références jacksoniennes, mais qui vous fera sortir de la salle avec le sourire.

Pas de nouvelles concernant une future production du réalisateur Jonathan King, mais on lui souhaite la même carrière que son maître à penser.

 

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