Accueil Date de création : 30/11/07 Dernière mise à jour : 26/05/09 10:08 / 32 articles publiés
 

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg  posté le mercredi 21 mai 2008 23:20

Indiana Jones and the kingdom of the crystal skull

Sortie en salles le 21 mai 2008

Durée: 2h04

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'aventure avec un grand A nous revient après 19 ans d'attente. Annoncé depuis le début des années 90, les nouvelles aventures du Dr Jones faisaient figure de grosse arlésienne, les rumeurs sur le projet étant détérrées entre chaque nouveau film de Steven Spielberg. Cette fois, les adeptes de St Thomas ne pourront le nier, Indy est enfin de retour.

Nul besoin de présenter cette saga qui a marqué au fer rouge plusieurs générations de spectateurs et qui fait indéniablement parti intégrante de la culture populaire, au même titre que Star Wars.

Un grand retour à la fois pour Spielberg derrière la caméra d'un film d'entertainment, ainsi que pour Harrison Ford dont la filmographie devenait de plus en plus moribonde.

Le projet commence à prendre forme grâce à Frank Darabont qui écrit en 2002 un scénario qui relance l'intérêt de Spielberg, mais qui sera finalement rejeté par Lucas. Ce dernier, avec l'aide de Jeff Nathanson (Catch me if you can, The Terminal, Rush Hour 2&3), retouchent l'histoire tout en conservant de nombreuses idées de Darabont. Ce sera finalement le prolifique David Koepp (Jurassic Park, Carlito's Way, Mission Impossible, Snake Eyes, Spider-Man, War of the worlds, entre autre) qui se voit chargé de la mouture définitive du script.

Si la nostalgie pourrait nous forcer à ne point douter de la qualité intrinsèque du film, il serait bon de ne pas oublier qu'après deux chefs d'œuvre , la saga s'était éteinte sur un épisode nettement plus discutable, qui non content d'offrir de sacrées scènes d'action, ouvrait la voie aux plus gros défauts des blockbusters des décennies futures, à savoir un humour lourdingue et omniprésent annihilant toute tension et la nécessité de tout expliquer quant au background de personnages sensés être pulp.

Alors, Indy 4, chant du cygne ou comeback foireux d'une ancienne star de la pop?

 

 

Changement d'époque oblige, que ce soit pour la production du film ou pour Indiana qui se retrouve au beau milieu des années 50, le film se doit d'être détacher du reste de la saga, tant il est déstabilisant. A commencer par la séquence d'introduction, qui nous place littéralement d'entrée de jeu dans un concours de vitesse entre une Amérique jeune et insouciante et des forces armées austères et sur le qui-vive. Surprenant par rapport au dépaysement attendu, mais le contexte est posé de manière diablement efficace.

Puis vient le moment de franchir les barrières, de jouer franc-jeu et de ressortir notre héros du placard. Nouvelle menace, nouvelles croyances, de l'eau à couler sous les ponts, et bien que l'homme au fouet tienne toujours la forme, lui-même a changé. Ayant prêté ses talents d'aventurier à la cause des services secrets américains, le voilà pris entre deux feux. Pourchassé par les soviets, rejeté par sa propre patrie en proie à la paranoïa, Indy se retrouve encore une fois seul contre le reste du monde.

Alors qu'il tente de fuir ce danger trop imposant, il se trouve un allié inattendu en la personne de Mutt Williams, une petite frappe n'ayant pas froid aux yeux, qui lui demande de retrouver un ami commun, parti sur les traces de la cité d'Eldorado.

Commence alors une aventure qui, à l'image de la guerre froide qui sert de contexte au film, se révèle être bi-polaire, proposant aussi bien le meilleur que le pire.

Ainsi, la première partie du métrage se trouve être la plus proche de l'esprit de la saga Indiana Jones. Harrison Ford nous prouve qu'il n'a rien perdu de sa superbe quand il est question d'endosser la tenue de son personnage fétiche, et ce même dans les scènes d'action pourtant si redoutées. Celles-ci sont d'ailleurs très réussies, hormis quelques détails douteux peu gênants, et renoue avec un certain côté old school.

Les seconds couteaux sont sans grande surprise, mais attisent tout de même la curiosité. Shia LaBeouf est convaincant et interprète son rôle avec une retenue bien appréciable, Cate Blanchett est charismatique et Ray Winstone est une sympathique enflure.

S'ajoute une lichée de clins d'œil rarement justifiées mais qui feront plaisir aux fans, pour achever l'adhésion du spectateur à ce nouveau spectacle. On est dans le bain...

 

 

...Et quelqu'un vient y jeter le sèche-cheveux. La deuxième moitié du film crée la rupture et quitte les rails. Tandis que l'intrigue tombe dans la science-fiction avec la découverte du fameux crâne de cristal, McGuffin abstrait et crétin par excellence, là où ceux des précédents épisodes possédaient une attirance et un pouvoir compréhensible, l'ombre des blockbusters du XXIème siècle avale tout cru Indy et sa clique.

Les personnages esquissés dans la première heure ne le seront pas plus, ce qui a pour effet de faire de Mac (Ray Winstone) un personnage finalement très creux, et d'Irina Spalko (Cate Blanchett), une méchante qui n'existe que par son look, et dont les capacités physiques (et mentales, il semblerait) ne seront jamais exploitées.  A ce titre, les russes en général peinent à tenir la comparaison avec les nazis et les thugs, et ne paraissent être qu'une menace impersonnelle qui ne marquera pas les esprits.

Ce n'est pas les nouveaux arrivants qui changent la donne, entre une Marion (Karen Allen) qui arrive tardivement pour n'apporter rien, si ce n'est une information et son nouveau lifting, et un professeur Oxley (John Hurt) en boulet supplémentaire, on se met à regretter amèrement l'ancienne Marion, Demi-Lune et même Henry Jones Sr. Reste que la relation père-fils entre Indy et Mutt s'avère moins pesante que dans La dernière croisade, mais flirte avec l'anecdotique.

Cependant, le pire revient aux séquences d'action, où le ridicule et le mauvais goût comblent les longueurs, en plus d'être noyées sous les effets numériques. Pour le coup, ILM est capable de faire cotoyer de superbes effets (le champignon atomique, les fourmis) avec les pires dégueulasseries qu'il nous ait offert depuis bien longtemps (la jungle, les chiens de prairie, les singes, le climax). C'était bien la peine de nous servir du old school pour nous vomir cela ensuite.

La cerise sur un gâteau déjà trop chargée viendront du climax petit joueur et décalé, expédié à la va-vite et dénué d'implication que ce soit pour les héros ou le spectateur, et d'une conclusion digne d'une fan-fiction où l'émotion est aux abonnés absents.

Spielberg accouche donc ici d'une œuvre bancale, tenant à la fois du cadeau aux fans que de l'œuvre de commande faîte sans réel envie. Tout ça pour ça, clamerons nous via la voix de la déception, mais le fait de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein ne tient qu'au seuil d'exigence de chacun.


En 1981, Les aventuriers de l'Arche perdue avait donné un coup de fouet à l'entertainment de l'époque, en 2008, l'entertainment donne un coup de pied dans les couilles d'Indiana Jones. Sans aucun doute le plus mauvais film de la saga, mais les quelques instants de bravoure qu'il contient font de lui un divertissement plus qu'honorable par les temps qui courent. N'empêche que la déception règne...

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Semi-Pro de Kent Alterman  posté le jeudi 15 mai 2008 20:18

Semi-Pro

Sortie le 14 mai 2008

Durée: 1h30

 

 

 

 

 

 

Les voies de la distribution sont impénétrables, comme le montre une nouvelle fois la sortie de la dernière comédie avec Will Ferrell.

Ce dernier, extrêmement populaire aux Etats-Unis, n'a jamais connu le succès mérité de ce côté de l'Atlantique, au même titre qu'un Adam Sandler.

Pire, la grande majorité de sa filmographie n'a même pas eu la chance de faire une visite de courtoisie à nos salles obscures, excepté ses participations "sérieuses" dans Melinda & Melinda (2004) de Woody Allen ou L'incroyable destin d'Harold Crick (2006) de Marc Forster.

Des films géniaux tels que Anchorman (2004) et Talladega Nights (2006) d'Adam McKay, pourtant faisant parti des plus gros succès lors de leur année de sortie dans le pays de l'oncle Sam, se retrouvent discrètement dans nos bacs dvd.

Il y a donc de quoi être étonné et de se réjouir de voir débouler Semi-Pro dans un parc assez conséquent de salles, mais comment expliquer le fait improbable que ce soit un film à l'identité aussi américaine qui en ai l'insigne honneur?

Car, outre d'être une comédie sur le basket, sport américain par excellence, Semi-Pro se base sur des faits historiques, à savoir la fusion de l'ABA et de la NBA dans les 70's, ce qui par chez nous ne parlera qu'aux afficionados du dunk.

Fermons la parenthèse et revenons au film en lui-même, qui paradoxalement à son sujet, ne fait pas parti du haut du panier. (rires)

 

 

En 1976, Jackie Moon (Will Ferrell) est une ancienne star de la pop grâce à son tube "Love me sexy" mais également le propriétaire, coach et joueur de l'équipe semi-professionnelle de basketball, les Flint Tropics. A l'heure où la ligue de l'ABA (American Basketball Association) doit disparaître pour laisser la place aux pros de la NBA (National Basketball Association), la dernière chance pour l'équipe de Jackie Moon est de faire parti des quatre premiers de la saison pour pouvoir fusionner avec la NBA.

Mission ardue quand on est derniers et que l'équipe ne comporte qu'un seul bon joueur. Pour changer la donne, Moon échange une machine à laver contre Monix (Woody Harrelson), ancien joueur de la NBA, dont le principal exploit est de n'avoir jamais bougé du banc.


Le film sportif est sans nul doute le genre le plus codifié qui soit, et ce n'est donc pas étonnant que les parodies aillent bon train avec un tel matériau détournable.

Devant un marché commençant à saturer, la différence qualitative ne tient plus qu'au choix des interprêtes et aux gags les plus délirants possibles.

Sur ce point, la première réalisation de Kent Alterman, qui s'était jusqu'alors cantonné au rôle de producteur éxécutif sur, entre autre, A history of violence (2005), Elf (2003) et After the sunset (2004), ces deux derniers films expliquant plus ou moins la présence de Will Ferrell et Woody Harrelson au casting, a du mal à convaincre entièrement.

D'un côté, nous avons Will Ferrell qui fait du Will Ferrell, donc forcément jouissivement crétin. De l'autre, le néant...

Le comique se retrouve à porter le film sur ses épaules, sans qu'aucun second rôle ne vienne l'aider à renouveller les gags. Il semblerait même que le reste de l'équipe, Woody Harrelson en tête, sort tout droit de la version sérieuse du script.

Ainsi, le film a le cul entre deux chaises et les séquences sur les prises de tête des joueurs ou la romance avariée entre Monix et son ex-femme gachent considérablement le rythme.

Notons tout de même un Will Arnett, qui en tant qu'habitué de ce genre de production, assure au niveau de la comédie, et la présence de Jackie Earle Haley, futur Rorschach dans l'adaptation de Watchmen par Zack Snyder, en hippie drogué au dernier degré.

Scénario paresseux, réalisation correcte mais banale, reste donc les frasques de notre ami Will Ferrell, qui reste le meilleur dans sa catégorie. Dès l'introduction, on retrouve son amour pour les répliques non-sensiques et les personnages kitsh. A elle seule la chanson funky "Love me sexy" vaut l'achat de la place de ciné.

On retiendra également les shows absurdes que Jackie Moon organise à chaque mi-temps, allant de la simple interprêtation de sa chanson culte, au combat à mains nues contre un ours, en passant par une chorégraphie en costumes d'hypocampes et de soleil, ou encore la séquence de poker où les personnages se mettent à jouer inconsciemment avec une arme à feu.

Bref, un Will Ferrell mineur, mais le minimum syndical en terme de rires est présent.

 

 

Semi-Pro, une semi déception, qui ne risque de plaire qu'aux plus grands fans de l'acteur principal et aux drogués du basket. Prions tout de même pour que le film trouve son public afin d'avoir la chance de découvrir le prometteur Step Brothers au cinéma, où Will Ferrell retrouvera son réalisateur fétiche Adam McKay et son collègue de Talladega Nights, l'étoile montante de la comédie, John C. Reilly.


Bonus Track: Le clip de "Love me sexy"


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Iron Man de Jon Favreau  posté le mercredi 16 avril 2008 13:11

Iron Man

Sortie en salles le 30 avril 2008

Durée: 2h05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Et hop! Encore un! Depuis 1999 et le succès inattendu de Blade, la firme Marvel a bien rattrapé son retard sur son concurrent direct DC au niveau des adaptations cinématographiques de leur catalogue papier, à raison de deux films par an minimum.

Cette année, ce sera donc au tour d'Iron Man et du retour/remake de l'Incroyable Hulk par notre Louis Leterrier national, de sortir de leurs cases pour faire chauffer les projecteurs du monde entier.

En attendant le géant vert, intéressons nous à l'homme de fer qui se trouve être en avance sur la période estivale.

Si le personnage s'avère moins populaire qu'un Spider-Man, Iron Man reste néanmoins un des héros majeurs crée par la Maison des Idées, qui annonçait à juste titre le projet depuis maintenant dix ans.

Après nombre d'annonces et de rumeurs concernant le réalisateur et l'acteur principal, dont la forte insistance de Tom Cruise, le bébé est finalement confié à l'acteur/réalisateur Jon Favreau.

A son actif, la sympathique comédie Made (2001) avec Vince Vaughn à ses débuts dans le genre comique, le trop gentillet Elfe (2003), et le mesestimé Zathura (2005), qui sous ses airs de sous-Jumanji renfermait un film pour enfants de qualité et surtout la preuve que le jeune réalisateur savait utiliser les effets spéciaux à bon escient.

Mais la vraie surprise vient du casting cinq étoiles que dégote Favreau. Robert Downey Jr., Terrence Howard, Gwyneth Paltrow, Jeff Bridges... Des acteurs compétents qui collent à l'image des personnages, et un bon goût qui ferait pleurer de honte Mark Steven Johnson et son Nicolas Cage moumoutorisé, ou Tim Story et sa wasp latino de Jessica Alba.

Reste maintenant à voir si cet a priori positif se confirme ou si l'on tient une nouvelle déception.

 

 

Tony Stark, milliardaire, génie, et principal fournisseur d'armements du gouvernement américain, est à la tête d'un empire industriel.

Alors qu'il présente sa nouvelle création pour l'armée US en Afghanistan, une attaque ennemie le blesse grièvement au cœur et il est fait prisonnier. Ses bourreaux lui ordonnent de leur créer une arme de destruction massive, et feignant d'accepter, Stark construit sans éveiller leurs soupçons une armure hi-tech dont il se sert pour s'enfuir.

De retour au pays, il prend conscience des horreurs dont il est responsable et décide de fermer la filière armement de son entreprise, tout en améliorant son armure afin d'aller détruire les missiles tombés entre de mauvaises mains.

Mais son bras droit, Obadiah Stane, ne compte pas tirer aussi vite un trait sur les profits de la guerre.


Les héros sans capes et costumes moulants, et qui n'ont cure du grand amour, ça existe.

Tony Stark a tout de l'anti-héros, il est cynique, riche, alcoolique mondain, égoïste, coureurs de jupons, et se fait encore plus d'argent entre deux galas bien arrosés en inventant et en vendant des armes qui feraient baver les membres de la NRA.

Premier choc, Robert Downey Jr. est Tony Stark aussi bien que Tony Stark est Robert Downey Jr. A croire que le rôle a été crée pour lui, tant il habite le personnage.

Impossible de ne pas être séduit par sa cool attitude et son charisme, qui permettent aussi bien aux fans du comic-book qu'aux néophytes de rentrer aisément dans le bain.

Deuxième choc, bien que le scénario soit sans surprise et prenne son temps pour conter les origines du héros, on ne s'ennuie pas une seconde devant les frasques et déboires de l'ami Tony en attendant les passages d'action.

On a l'impression de se tenir devant un Lord of War fun et fantastique, avec complots économiques, expériences foirées et hilarantes, et guerre de pouvoir.

Favreau choisit donc de ne pas faire de son film un simple actionner reposant uniquement sur ses effets spéciaux, et laisse ses protagonistes s'encrer dans une certaine réalité.

Ainsi, on échappe la plupart du temps aux clichés habituels, malgré le message manichéen mais pourtant vrai "la guerre c'est de la merde". Tony Stark a beau découvrir qu'il a un cœur après avoir failli le perdre, il ne se considère pas pour autant comme un héros.

Il continue à agir pour son propre profit, échangeant le patriotisme contre un rachat de conduite, et ne se soucie guère du pétrin dans lequel il met ses amis et collaborateurs, voire même son pays.

D'ailleurs tout le monde semble le prendre également comme une folie passagère, que ce soit les médias qui le jugent comme dépressif, ou les actionnaires qui tentent de le virer de son poste.

Même Pepper (Gwyneth Paltrow), sa femme à tout faire, ne se laisse pas attendrir par les avances du nouveau Tony, craignant trop d'être une conquête d'un soir et risquer son job. La romance gnan-gnan en prend dans les dents.

De l'autre, nous avons Jeff Bridges qui délaisse sa panoplie d'hippie un instant pour devenir le nemesis de Stark, sous les traîts d'Obadiah Stane. Cet associé de longue date a travailler dur pour arriver au sommet et ne compte pas voir le fils à papa l'en faire descendre. Il a déjà tout du super vilain avant d'en devenir officiellement un, et pourtant on ne peut le décrire ainsi, il s'agit simplement d'un homme qui poursuit son métier en se lançant dans une course à l'armement.

Et si l'on ajoute Jim Rhodes (Terrence Howard), tiraillé entre sa fidélité à Stark et son engagement dans l'armée, on peut se dire qu'au final Iron Man est un film sur des hommes dévoués à leur métier, qu'il soit bon ou mauvais, et que la prise de conscience d'un des chaînons vient en briser l'harmonie.

En gros, on est loin d'un attardé qui saute par-dessus des hélicoptères avec sa moto, qui aime les singes qui font du kung-fu, et qui se bat contre des émos venus de l'Enfer.

 

 

Loin de céder aux tentations du tout numérique, Jon Favreau mélange les types d'effets spéciaux. Fort de son expérience sur Zathura, il décide de retravailler avec le multi-oscarisé Stan Winston et son équipe pour concevoir les différentes armures du film, qui ont été dessinés par l'illustrateur Adi Granov.

Ces effets réels sont associés aux superbes effets visuels d'ILM, voire même fusionnés, permettant ainsi la vraisemblance de l'ensemble. Quasi-invisible et au service de l'intrigue, voilà une utilisation intelligente de la technologie.

Iron Man n'est cependant pas exempt de défauts. Bien que les séquences d'action soient bien fichus, on regrette leur faible nombre.

Le climax du film a tout pour être monstrueux avec ce combat d'armures en pleine ville, faisant penser au final dantesque de Robocop 2 (1990), mais malheureusement déçoit par sa durée. La frustration est là, car on aime ce qu'on voit, et on en veut toujours plus. Dommage.

Autre souci, le manque de folie dans la réalisation de Jon Favreau. Il n'avait certes jamais brillé auparavant de ce côté là, mais on pouvait espérer un peu plus de personnalité de sa part pour un projet comme celui-ci.

Cela dit, ça reste correctement filmé, et le traiter de tâcheron serait abusé. De plus, on y trouve un point positif, à savoir que l'on comprend pour une fois ce qui se passe à l'écran dans un actionner.

Rien que pour le fait de livrer une adaptation réussie d'un comic-book, en sachant les difficultés que ça implique, on peut lui dire un grand merci.

 

 

Iron Man ne déçoit pas et risque d'emporter l'adhésion des fans et du grand public de par son capital fun et la qualité de son interprétation.

Porté par un Robert Downey Jr. en forme olympique, le film transpire de l'amour que porte son réalisateur à l'univers de ce chevalier des temps modernes, et même s'il ne tient pas tous les atouts pour atteindre le statut de chef d'œuvre, il se classe facilement dans les meilleures adaptations Marvel.

Vivement une suite, tiens!

 

 





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Doomsday de Neil Marshall  posté le dimanche 06 avril 2008 13:21

Doomsday

Sortie en salles le 2 avril

Durée: 1h45

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah,l'Écosse... Pays de la cornemuse, du haggis et du kilt, mais également terrain de jeu préféré du jeune réalisateur britannique Neil Marshall. Après y avoir fait descendre une troupe de soldats pour les confronter à une bande de loups-garous typés Hurlements, dans le très décrié mais pourtant fort sympathique Dog Soldiers, voilà qu'il transforme le pays de William Wallace en No Man's Land post apo dans Doomsday.

Un peu d'air frais après le terrifiant et claustrophobique The Descent, qui l'avait propulsé dans les rangs de la nouvelle vague de réalisateurs de genre à suivre de très près.

Cet élargissement du cadre d'action vient évidemment avec l'apport d'un plus gros budget et les têtes d'affiche qui vont avec. Marshall ne cède toutefois pas à la tentation des stars hollywoodiennes bankables, et s'offre des seconds couteaux que l'on pourrait même dire un peu has-been depuis quelques temps, mais qui au moins sont tous britanniques. Ainsi, la belle Rhona Mitra, qui porta fut un temps l'image de Lara Croft sur ses épaules et dont la carrière reste encore bien moribonde, obtient le premier rôle du film. Un Bob Hoskins fatigué et un Malcolm McDowell en pleine remontée de pente, viennent lui prêter main forte dans ce qui s'annonce comme un lourd défi: un hommage à des genres disparus du grand écran ou affiliés au monde du nanar.

 

Suite à une épidémie meurtrière, l'Écosse se voit coupé du monde par un mur infranchissable. La population est décimé, et les quelques survivants deviennent des barbares vivant du pillage et du viol.

Trente ans plus tard, le virus refait son apparition dans les rues de Londres. Découvrant qu'il existe encore des survivants dans le soit disant No Man's Land qu'est devenu l'Écosse, les autorités anglaises y envoie une troupe de soldats menée par le major Eden Sinclair (Rhona Mitra) afin de trouver un remède.

 

Neil Marshall décide de se la jouer Tarantino, en pillant les grands classiques du genre, sans toutefois passer par la case étalage de connaissances et autres dialogues à la cool. Non, ce qu'il nous propose est tout simplement du bon gros divertissement qui ne se prend pas la tête et qui affiche sans rougir ses influences.

Construit comme un jeu vidéo, le film enchaîne les parties/niveaux faisant chacune écho à un film et genre différent. Ainsi, tout commence par le confinement de l'Écosse en plein chaos. Une ouverture des plus chocs tant le désespoir de la population et le sort qu'on leur promet font mal à voir. On remarque tout de suite que Marshall n'a pas abandonné son amour pour les effets gores et qu'il s'en sort admirablement bien pour rendre le côté fin du monde tangible.

Après ce début très zombiesque, nous voilà parti pour la séquence New York 97. Rhona Mitra avec un bandeau sur l'œil, envoyé dans une zone confiné remplie de criminels, ça fait forcément penser à un certain Snake Plissken. S'ajoute à cela un petit tour du côté d'Aliens avec des pseudos tanks et des marines testostéronés pour une visite d'un labo, avant la découverte du bad guy comme on les aime, en la présence de Sol (Craig Conway). Mélange de Rod Stewart et de méchant de dessins animés, Sol est un perso haut en couleurs, à la fois sadique et ridicule, qui ferait passer le Joker de Nicholson pour un exemple de finesse. On lui doit l'une des meilleures séquences du film, avec son show hallucinant de n'importe quoi et de beaufitude, où il se prend pour une rock star tendance new wave, devant sa tribu de cannibales iroquois en adoration.

Même pas le temps de reprendre notre souffle, que voilà les héros dans un monde qui a régressé au moyen-âge et dirigé par Kane (Malcolm McDowell). Malgré un bon fight dans l'arène entre Rhona et un chevalier noir, cette partie est sans doute la plus faible de par son manque de rythme. Ce qui suit est nettement plus intéressant, à savoir une course poursuite à la Mad Max 2, qui compense quelques plans un peu mou du genou, par des gags désopilants.

Finalement, le mot de la fin renvoie directement au Conan de Milius, sans vouloir trop en dévoiler.

 

 

Doomsday a beau faire un best of du film post apo, il n'en reste pas moins sujet aux défauts liés à son identité propre. On peut donc citer un scénario plutôt basique et sans grande surprise, des personnages pas toujours exploités au maximum tel le personnage joué par Malcolm McDowell qui ne sert au final à pas grand chose, et surtout une héroïne qui manque cruellement de charisme.

Filmer le joli postérieur de la miss est un bon point, mais on aurait apprécié que son look et son caractère soient plus développés. A part son œil bionique, pas grand chose à se mettre sous la dent, et quitte à en faire une Madame Snake Plissken, autant y aller jusqu'au bout.

Néanmoins, ces détails sont facilement excusables face au plaisir ressenti à la vision de ce revival 80's. Neil Marshall fait passer tout son amour pour le genre via une réalisation efficace et énergique, et qui joue à la fois la carte du premier degré et de la bouffonnerie assumée.

De plus, on peut dire qu'il se fait plaisir sur les nombreux effets gores qui parsèment le film. Ça gicle, ça décapite, ça fait mal, et c'est traditionnel. Comme quoi, le réal n'a pas vendu son âme au diable, et reste fidèle à lui-même.

A l'instar de Planet Terror, Doomsday se savoure comme une grosse friandise pour fanboys, un nanar de luxe volontaire. Du fun en barre qui, malheureusement, ne pourra être apprécié que si le spectateur est amateur de films de série B.

 

En conclusion, Doomsday s'avère moins réussi que The Descent, mais conserve assez de génie pour nous clouer sur nos sièges, en échangeant les frissons par un enthousiasme communicatif.

Si vous êtes friands de divertissements honnêtes et généreux, ce film est fait pour vous. Si vous ne pouvez pas laisser votre cerveau à l'entrée ou que vous êtes réfractaires à tout ce pan du cinéma des années 80, passez votre chemin.

C'est un beau cadeau que fait Neil Marshall à tout ceux qui regrettent la disparition de John Carpenter et ses potes, et si n'est pas tout rose, on salue la prise de risque.

D'ailleurs, le réalisateur ne désire toujours pas se cantonner à un genre, puisqu'il dirigera prochainement Hugh Jackman dans Drive, où il jouera un cascadeur automobile poursuivi par des tueurs à gages.

 

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Ben X de Nic Balthazar  posté le mercredi 19 mars 2008 14:20

Ben X

Sortie le 19 mars 2008

Durée: 1h33

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"La critique est facile, l'art l'est moins", voici une phrase que Nic Balthazar a dù ressasser avant de se lancer dans l'adaptation de son roman Niets was alles wat hij zei (qui se traduit par "Il ne disait rien du tout") pour le grand écran.

Après huit ans de bons et loyaux services pour la télévision belge, ce populaire critique de cinéma et de théâtre assouvit sa passion d'une toute autre manière en passant derrière la caméra, comme nombreux le firent avant lui avec plus ou moins de réussite.

Profondément touché par un fait divers sur le suicide d'un adolescent autiste, Balthazar s'en inspire pour son roman qu'il ira jusqu'à adapter au théâtre et en court-métrage.

Dernier média à franchir pour cette émouvante histoire, le cinéma, dans un film qui s'est déjà vu attribuer le grand prix des Amériques, le prix du public et le prix oecuménale lors du dernier festival du film international de Montréal et a remporté le plus gros succès pour un film flamand en Belgique.

 

 

Ben, 17 ans, mène une double vie. Aimé et respecté sous les traits du puissant guerrier BenX dans le jeu en ligne Archlord, où il passe une grande partie de son temps libre, mais rejeté et martyrisé par ses camarades de classe dans la vie réelle, car atteint d'une forme d'autisme qui l'empêche de s'intégrer.

Son incapacité à se défendre face aux agressions du quotidien va peu à peu l'amener au point de non-retour.

 

Le sujet de l'exclusion dû à des troubles mentaux n'est pas nouveau, on pense notamment à des films comme Rain Man (1988), Equus (1977), Snow Cake (2006), Gilbert Grape (1993),  plus récemment Elle s'appelle Sabine (2008), voire au Cobaye (1991) et à Thomas est amoureux (2001) en ce qui concerne l'échappatoire via le cyber-espace.

Cependant, il s'agit d'un thème extrêmement délicat à aborder, qui peut à la fois s'avérer poignant mais aussi très vite tomber dans le ridicule si pris par dessus la jambe.

Autisme, jeux vidéo, adolescence, suicide, autant d'éléments qui tombent bien souvent dans le cliché et font le bonheur des reportages putassiers des grandes chaînes tv voulant effrayer la ménagère de plus de 50 ans.

Heureusement pour nous, le réalisateur prend le sujet à cœur et ça se (res)sent. Il évite ainsi de nous balancer une leçon de morale lourde de premier degré à la figure en faisant retentir les violons lacrymales, et opte pour un angle d'attaque nettement plus judicieux.

Ben souffre du syndrome d'Asperger, ce qui fait de lui un être en pleine possession de ses capacités intellectuelles mais totalement refermé sur lui-même. Conscient de sa condition, il tente malgré tout de faire des efforts pour être "normal" aux yeux des autres, même si chaque sortie de sa chambre s'avère être un combat de tous les instants pour lui.

Personnage effacé, il subit les conséquences de la réalité tout au long du film, et n'agit que dans le monde virtuel où son esprit peut se détacher de son embarrassante enveloppe charnelle.

Contre toute attente, Balthazar fait de Ben le protagoniste principal de l'histoire, et arrive même à permettre l'identification du spectateur, via des procédés classiques mais terriblement efficaces.

Ainsi, la mise en scène nous transporte dans la peau et surtout l'esprit du héros, en s'énervant, en s'attachant à chaque détail anatomique des interlocuteurs qui le mettent dans l'angoisse, en amplifiant les bruitages des sons qui agressent sa bulle. On se sent menacés à tout moment, et tout comme lui nous subissons les railleries et les humiliations, mais ne pouvons agir car nous ne sommes que spectateur.

Autre réussite, le monde virtuel où Ben se réfugie et retrouve son amie Scarlite, jeune fille qu'il n'a jamais rencontré mais à qui il n'hésite pas à se confier.

Pour une fois, la retranscription d'un jeu vidéo est crédible dans un film, et n'est pas constitué d'images stéréotypés fait à la va vite par des personnes qui semblent ne jamais avoir vu un jeu de leur vie. Les programmeurs de chez Codemasters, créateurs du jeu Archlord, ont participé activement à la réalisation de ces séquences qui jouent un rôle important au sein du film.

Outre les passages concrets où Ben joue sur son ordinateur, on assiste à l'intrusion de ce monde factice dans la réalité en tant qu'écho de l'inconscient du héros, illustrant sa perception et sa volonté d'agir.

Etrangement, ce monde d'heroic-fantasy où la violence règne nous apparaît à nous aussi comme un lieu reposant comparé aux épreuves qu'endure le héros dans la vraie vie.

Là aussi cette violence, dont il est la victime ou l'auteur, est intelligemment abordée. Elle n'est pas souvent physique, mais morale. De simples brimades à la mise à nu au sens propre et figuré devant toute sa classe, engendrant un harcèlement avec la diffusion de la vidéo, en passant par la destruction des seuls éléments qui le maintiennent stables, à savoir la musique, son camescope, et ses habitudes, le film enchaîne les scènes éprouvantes de par leur réalisme.

Sans compter qu'elle nous ait infligé continuellement par la voix-off de Ben, qui nous fait part de sa rage interne qui ne cesse de s'élever et de son échec perpétuel à changer les choses.

 

 

Greg Timmermans, dont c'est le premier rôle, porte le film sur ses épaules grâce une interprétation magnifique de justesse. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant de le voir devenir un acteur reconnu d'ici quelques années.

Le reste du casting est également bluffant, notamment dans les interludes qui, sous forme de témoignages, voient la famille et les connaissances de Ben donner leurs impressions sur ce que l'on imagine être un final des plus sombres.

Toutefois, le film a beau ne pas être un sérieux concurrent à la comédie de l'année, on ne peut le résumer à du misérabilisme pour ados. L'introduction de Scarlite (Laura Verlinden) dans la vie réelle de Ben amène un souffle de sensibilité et d'espoir, qui stoppe la montée en puissance de sa dépression.

Le scénario prend alors une tournure que l'on n'imaginait pas et qui se trouve être la bienvenue. En plus de laisser le spectateur dans le doute sans jamais perdre son attention, Balthazar nous surprend avec un final à la fois malin et bourré d'émotions, tout en faisant passer son message clairement et sans discours moralisateurs.

Comme quoi les outils du pathétique ne dépendent que de l'utilisation qu'on en fait.

Essai transformé pour Nic Balthazar qui démontre son réel amour du Cinéma, à travers une œuvre qui pose les bonnes questions et les traitent admirablement bien.

Un grand petit film qui tient ses promesses et va même plus loin, en proposant une histoire profonde, poignante et divertissante servie par de brillants acteurs et une mise en scène bien pensée.

Bref, Nic a la classe. Reste à savoir s'il pourra passer le cap ou s'il faut s'attendre à son propre remake américain.

 

 

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