Ca y est, je reviens vous parler de The New Frontier, après vision de la chose.
Pour ceux qui seraient à la ramasse, ma preview sur le sujet traîne encore sur ce blog.
Avec 1h10 au compteur, nous étions en droit de douter quant à la capacité de retranscrire une oeuvre aussi riche que celle de Darwin Cooke.
Pari semi-réussi de ce côté là, mais le film reste un bon gros barril de poudre qui n'attend que de vous exploser en pleine face.
La team Timm fait à nouveau des merveilles, on y retrouve à la fois, le style vintage de Cooke et l'amour et le savoir faire que ces animateurs ont pour les comics, depuis plus de quinze ans.
A noter tout de même qu'il s'agit d'un direct-to-dvd.
L'animation est supérieure à un épisode tv lambda (de JLU, par exemple) mais reste néanmoins inférieure à ce que l'on peut retrouver dans un long métrage d'animation destiné au grand écran.
Le budget n'étant pas le même, évidemment.

Pour plus d'efficacité, l'histoire du comic a été modifié et raccourcie.
Ainsi, seul l'arc sur Le Centre, sorte d'entité lovecraftienne qui menace l'Humanité, a été gardé.
Les péripéties et personnages secondaires comme les Losers, le vigilante black John Henry se battant contre le Klu Klux Klan, ou encore les Challengers de l'Inconnu, passent donc plus ou moins à l'as.
Plus ou moins, car il en est tout de même fait mention à travers des détails, tels des articles de journaux, les infos télévisés, ou encore des reprises de leurs actions via d'autres personnages.
Ces pertes ne sont point dommageable pour le spectateur, tant elles permettent d'aérer le récit, tout en le faisant fourmiller de détails.
Le film va vite, très vite, presque trop. Pour une personne étrangère à l'univers DC, il est fort possible d'être rapidement largué.
Cependant, ceux possédant quelques bases suivront avec grand plaisir cette aventure, et auront sans doute l'envie de découvrir l'oeuvre originale afin de mieux comprendre les subtilités. (En tout cas, c'est le cas des gens que je connais)

Le personnage principal, comme dans le comic, est Hal Jordan, dont on suit la carrière d'astronaute jusqu'à sa transformation en Green Lantern.
Il s'agit d'un humain sans pouvoirs, ce qui en fait le parfait fil conducteur pour le spectateur. Ses aventures sont également une bonne illustration de la guerre des étoiles, que se livraient les deux camps au début des années 60.
Les autres héros mis en avant, ont eux aussi droit à un traîtement des plus honorables.
On retrouve un Superman en plein conflit intérieur, tiraillé entre sa dévotion au gourvernement américain et ses convictions personnelles sur la justice.
Batman, dont le rôle a été élargi par rapport au comic, considéré comme un criminel par la population, est obligé de remettre en question ses méthodes.
Wonder Woman en pleine crise féministe, se voit rejetée par le gouvernement après s'être méler de la guerre d'Indochine.
Flash, menacé par la loi de recensement des super-humains, est considéré comme un hors-la-loi.
J'onn J'onzz (Martian Manhunter) fraîchement débarqué sur Terre, va réussir à s'intégrer dans un monde qui n'est pas le sien, avant de se heurter à la xénophobie de plus en plus forte de la société.
Chacun de ses personnages reflétent les problèmes politiques et sociaux de l'époque, tout y en apportant l'espoir d'un changement.
Le casting vocal, dont je vous avais déjà parlé lors de la preview, est impressionnant et marche du tonnerre. Mention spéciale à Miguel Ferrer et Kyle MacLachlan, très convaincants respectivement dans les rôles de J'onn J'onzz et du Superman très Fleisherien.

L'équipe, supervisée par Darwin Cooke lui-même, s'attache à respecter le ton pessimiste du récit.
Détaché des contraintes de la censure télévisuelle, le film se permet de conserver la violence nécéssaire au message de l'oeuvre.
Ainsi, on pourra voir le visage du pacifiste Hal Jordan éclaboussé du sang de l'ennemi coréen, provoquant chez lui un traumatisme.
Ou encore, l'arrivée de Wonder Woman dans son avion furtif, presque intégralement repeint par son sang.
Les batailles bénéficient du dynamisme habituel des séries Timm, tout en devenant plus bestial qu'à l'accoutumée.
Cette noirceur sert à merveille les questions et thématiques soulevées, et donne plus d'impact au sublime épilogue, narré par J.F. Kennedy, qui mériterait d'être réécouté par les grands de ce monde et toute l'Humanité, tant il s'avère effroyablement moderne.

Au final, encore une réussite après le fort sympathique Superman:Doomsday.
Le succès de la collection DC Universe Animated Original Movie s'étant fait connaître grâce aux excellentes ventes de ce dernier, et celles de The New Frontier s'annonçant encore meilleures, on ne peut qu'imaginer un nouvel âge d'or pour Bruce Timm et ses collègues.
Le prochain rendez-vous qu'ils nous donnent est Wonder Woman, adapté du relaunch effectué par George Perez dans les années 80, et considéré par tous comme les meilleurs albums de l'amazone.
Pour l'instant, on sait seulement que Keri Russel (Felicity dans la série éponyme) a été approchée pour interprêter l'héroïne.
En attendant, jetez vous sur The New Frontier, vous ne le regretterez pas.
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